Pascal Metge réagit sur Agrisalon sur les “doutes sérieux” de la haute autorité !

En exprimant des “doutes sérieux” sur le maïs MON 810, mercredi, la Haute
autorité provisoire sur les OGM “n’a rien apporté de nouveau”, estime
l’agriculteur, qui cultive du maïs OGM sur 36 des 100 hectares de son
exploitation, à Saint-Hilaire, près de Muret, à une vingtaine de km au sud de
Toulouse.

“On nous ressert une soupe pseudo-scientifique dont la validité n’est pas
prouvée. La Haute autorité n’a fait qu’offrir une porte de sortie honorable au
Président de la République et à son gouvernement, qui naviguent à vue dans ce
dossier”, assure-t-il, commentant l’avis de cette institution ouvrant la voie
à l’activation de la clause de sauvegarde. Celle-ci permettrait à la France
d’interdire provisoirement le seul OGM cultivé en France.
“Nous sommes scandalisés par ce qui s’est passé cette semaine. Quand on
voit José Bové reçu par des ministres qui lui font la bise, c’est fort de
café!. C’est le monde à l’envers, la politique-démagogie à fond”, affirme
Pascal Metge.
“Les agriculteurs, qui ont voté dans leur grande majorité pour Nicolas
Sarkozy, sont aujourd’hui déçus, très en colère de la manière dont ils sont
traités par le gouvernement, qui a complètement démissionné sur le sujet”,
ajoute cet ingénieur agricole de 30 ans, auparavant employé dans une société
agro-alimentaire.
“Ceux qui se sont lancés dans des cultures OGM vont réagir. Leur déception,
leur colère se traduiront par des actions, il y aura sans doute des
manifestations avant les élections municipales”, prévient-il, soulignant la
frustration de ces agriculteurs face au “manque de considération avec lequel
ils sont traités”.
“Si le président décide d’interdire provisoirement le maïs transgénique, on
devra refaire du maïs conventionnel, reprendre nos pulvérisateurs, revenir à
des pratiques qu’on croyait révolues. Ce sera un pas en arrière de dix ans”,
regrette-t-il.
“Il y a beaucoup de fantasmes sur les OGM, qui représentent pourtant un
progrès significatif contre les ravageurs du maïs. On n’avait plus besoin
d’insecticides, on pouvait produire plus propre, gagner mieux notre vie. C’est
pourtant une technique éprouvée depuis dix ans, sans problème pour la santé et
l’environnement”, affirme-t-il.
“La plus grande des frustrations, c’est de savoir que la France va être à
la traîne des grands pays producteurs concurrents, tels les USA, l’Argentine
et le Brésil, qui baissent leurs prix de production grâce aux OGM”, poursuit
Pascal Metge, soulignant les conséquences financières personnelles d’un
éventuel moratoire sur le maïs OGM.
“J’ai fait un petit calcul sur la perte de marge, de rendement entraîné par
un moratoire du MON 810. J’ai évalué cette perte à entre 6 et 8.000 euros par
an”, explique-t-il.
Pascal Metge attend également réparation du préjudice, de 15 à 20.000
euros, subi lors d’un fauchage d’une de ses parcelles de cinq hectares de maïs
trangénique, en juillet 2006, par une quarantaine de faucheurs volontaires,
dont le leader altermondialiste José Bové.
Prévu en mars dernier, le procès avait été reporté à une date non précisée
en raison de la participation de l’ancien porte-parole de la Confédération
paysanne à l’élection présidentielle de 2007.

Télécharger l’article d’AgriSalon.com



 Entretien avec Philippe Joudrier - Directeur de Recherche INRA

Philippe Joudrier a fait toute sa carrière à l’Inra, Institut national de la recherche agronomique. Il a été directeur de recherche en biochimie et génie moléculaire. Il est président du groupe d’experts chargé de l’évaluation des OGM à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments.

Philippe Joudrier, vous êtes l’un des quelque 300 scientifiques signataires d’une pétition s’opposant au moratoire sur les OGM.

Il est très étrange que les spécialistes n’aient pas été invités aux discussions sur ce sujet lors du Grenelle de l’environnement. La commission de génie biomoléculaire (CGB) et l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) étaient absentes. Cela montre que nos politiques semblent totalement ignorer qu’ils disposent d’instances d’évaluation des OGM. Jean-Louis Borloo (le ministre de l’Écologie) a été jusqu’à dire qu’il n’y avait pas d’évaluation scientifique en France, alors que la CGB s’en occupe depuis 1986.

Pourquoi vous opposez-vous à un moratoire ?

Le problème est idéologique et politique, mais certainement pas scientifique. Aucune semence n’est mieux contrôlée qu’un OGM mis sur le marché. Il y a de nombreuses autres manières d’obtenir de nouvelles semences, que ce soit par technique classique de croisement ou par mutation induite par des rayons, et on n’est pas à l’abri d’une mutation dangereuse. Un exemple : en 1995, les Suédois ont sorti une pomme de terre qui a été retirée du marché après des cas d’intoxication grave. Sa teneur en alcaloïdes toxiques était exceptionnellement forte. Dans une semence OGM, par contre, on sait exactement quel gène on va modifier, et des tests toxicologiques serrés sont mis en oeuvre.

La crainte des anti-OGM c’est notamment que les gènes mutés se transmettent à d’autres espèces.

La levure de boulangerie a un tiers de gènes communs avec les humains. Et ce n’est pas parce qu’on mange de la salade qu’on devient salade. Quand nous mangeons, nous ingérons des milliards de gènes. Ils sont digérés, ils ne se transfèrent pas tels quels dans notre organisme. Penser que le gène modifié d’un OGM va justement être celui qui va nous « contaminer », c’est une aberration biologique. Quand Greenpeace insiste pour faire labelliser OGM des bêtes qui consomment des OGM, c’est parfaitement ridicule. Jusqu’à présent, on a été incapable de retrouver ces gènes modifiés dans les produits animaux, ni dans la viande ni dans le lait.

Si les OGM ont une mauvaise image, c’est parce que leurs effets intéressent plus l’agriculteur que le consommateur ?

Si une plante est capable de résister à un insecte, celà limite l’épandage de pesticides. Beaucoup d’OGM jouent sur la tolérance à des herbicides, grâce à des gènes qu’on va chercher dans une bactérie. Il n’y a rien d’extraordinaire ou de contre nature. On touche à des phénomènes communs à tous les êtres vivants. On cherche aussi des résistances aux herbicides par des méthodes de croisement classiques, mais elles sont moins ciblées, c’est tout.

Et le risque de contamination des cultures proches d’un champ OGM ?

Le terme de contamination donne l’idée de souillure, de contact impur. On peut, par contre, parler de dissémination. C’est grâce aux recherches sur les OGM qu’on sait la mesurer. Mais un pollen ne peut féconder qu’une espèce biologiquement très proche. Et, là aussi, des énormités sont dites. Un grain de pollen de maïs ne vit que deux heures. Même s’il est emporté en haute altitude et retombe beaucoup plus loin, il sera inactif. Si on prend le cas du maïs, depuis 50 ans, les maïs cultivés ne sont jamais resemés. Même si un pourcentage d’une récolte est fécondée par un pollen OGM, cela ne concernera que la récolte en cours.

A-t-on vraiment besoin des OGM ?

Depuis que l’homme cultive des plantes, il y a près de 10 000 ans, il sélectionne des plantes. Ce n’est que depuis cinquante ans que nous disposons de variétés stables, et la durée de vie moyenne d’une variété est de 3 à 7 ans, parce que, notamment, ses ravageurs évoluent constamment. Il faut s’adapter en continu. Pour moi, la méthode la plus sûre, la plus fiable, est la transgenèse, parce qu’on sait exactement ce qu’on change dans la variété. Par contre, on ne peut pas tout faire avec les OGM. Le rêve d’obtenir des plantes résistantes à la sécheresse est complexe, parce que près de 3 000 gènes jouent sur ce facteur. L’Égypte a commencé à tester du blé tolérant mieux le manque d’eau, mais ils ont obtenu la variété presque par hasard.

Propos recueilli par Philippe Richard



 Un peu d’humour !

Dessin humoristique - Jos bov s'assoie sur le code pnal !

 

illustrations de Jean-Claude Pertuz



 BIO : démenti de la FAO

12 Décembre 2007

«Tous les grands prêtres de l’agriculture Biologique ont abondamment argumenté sur un communiqué provenant de la Conférence internationale sur l’agriculture biologique les 3 – 5 mai dernier ou la FAO aurait dit « l’agriculture biologique peut produire assez par tête d’habitant pour nourrir la population actuelle de la planète» Mais il ne s’agissait pas d’un document FAO Lundi dernier, 10 décembre Jacques DIOUF directeur général de la FAO contre dit ces propos. Il déclare que : « La FAO n’avait aucune raison de croire que l’agriculture biologique puisse remplacer les systèmes agricoles traditionnels, pour garantir la sécurité alimentaire mondiale ». Il ajoute même qu’il n’est pas possible de nourrir aujourd’hui six milliards de personnes, et neuf milliards en 2050 sans utilisation judicieuse d’engrais chimiques. Le potentiel de l’agriculture biologique n’est pas suffisant, loin s’en faut pour nourrir le monde (…)
La Banque mondiale notait cette année que : le faible taux d’utilisation d’engrais est l’un des principaux obstacles à l’augmentation de la productivité agricole en Afrique subsaharienne. »

http://www.alerte-environnement.org/agriculteurs/bio-dementi-de-la-fao/



 Sondage : les français font confiance aux agriculteurs

Malgré les campagnes de matraquage contre l’agriculture, les agriculteurs conservent un capital confiance dans l’opinion publique. En revanche, les pratiques agricoles sont souvent méconnues. En effet, un sondage BVA montre que près de 66% des français ne sont pas vraiment au courant des « règles de bonnes pratiques agricoles ». 68% des interrogés jugent mauvaises les informations des médias sur l’existence de règles de bonnes pratiques agricoles.
Dans ce même sondage on nous apprend que plus de 80% des interrogés font confiance aux agriculteurs pour poursuivre leurs efforts en matière d’environnement. En revanche l’opinion est partagée quant à l’implication réelle des agriculteurs dans l’application de telles règles (48% pour 46% contre).
Ceci nous montre tout le chemin à parcourir pour démontrer que des efforts sont dore et déjà entrepris et qu’ils portent leur fruits. Il faut que la profession communique davantage, franchement, sans détour. Les français sont plus intéressés par nos pratiques que ce que l’on peut imaginer.
Autre sondage publié au mois d’octobre, commandé par l’AGPM et le GNIS, sur l’opinion des français sur les cultures OGM. On a tous en tête les chiffres que les anti-OGM nous répètent sans cesse, plus de 80% des français seraient contre les OGM. On est en fait très loin de ces chiffres.

QUESTIONS - Vous personnellement,
êtes-vous tout à fait d’accord, plutôt d’accord, plutôt pas d’accord ou pas d’accord du tout avec
les affirmations suivntes ?
% D’accord Tout � fait d’accord Plutôt d’accord Pas d’accord Plutôt pas d’accord Pas d’accord du tout NSPP
Un agriculteur qui cultive du maïs OGM prend un risque élevé de voir son champ détruit par des militants anti-ogm (sur 100) 62 26 36 36 19 17 2
IL faut permettre la culture encadrée des OGM pour suavegarder la compétitivité des agriculteurs français par rapport à celle des agriculteurs des autres pays producteurs de maïs (sur 100) 52 22 30 44 16 28 4
Les destructions illégales des essais et des cultures de maïs OGM découragent les chercheurs français qui travaillent sur les OGM (sur 100) 50 22 28 48 24 24 2
D’un façon générale les cultures OGM auront � l’avenir des applications intéressantes et utiles pour la sociétés (sur 100) 46 15 31 49 21 28 5

Nous sommes donc loin il me semble des 80%de français opposés aux OGM. D’autre part il est intéressant de remarquer deux choses :

  • Les français ont conscience du risque pris par les agriculteurs face aux faucheurs et que ces actions découragent la recherche, il aurait été intéressant de voir combien condamnent les actions violentes et illégales des faucheurs.
  • D’autre part, 52% sont favorables à une culture encadrée des OGM pour permettre aux agriculteurs de rester compétitifs. Je pense qu’ils ont bien perçu le gigantesque paradoxe d’interdire la culture des OGM alors que 33 OGM différents sont autorisés à l’importation.
  • Ce sondage montre surtout que les français ne sont pas dupes face aux gesticulations des antis de tous poils et c’est rassurant. En revanche il reste un gros effort de communication à entreprendre, mais peut on se passer des média ?

    Pour mémoire, un sondage réalisé sur le site terre-net.fr, montrait que 75% des internautes voulait voir José Bové aller en prison. Dommage, la « justice » en a décidé autrement…



     Yann m’as tué !!!

    Lors de l’émission de Mardi 4 décembre sur France 2, Yann Arthus-Bertrand a démontré, si besoin était, l’étendu et la gravité des campagnes de désinformation contre l’agriculture qui sévissent en cette période « grenellienne ». France 2 est tout de même coutumière du fait, souvenez-vous du reportage dans Envoyé Spécial sur les OGM où on pouvait voir les monstres que les OGM avaient soit disant générés (veaux avec des déformations graves, mortalité sur des vaches laitières,…). Bref, rebelote Mardi, on nous a servi un modèle de film de propagande.

    En fait, je ne voulait pas regarder le reportage car connaissant les positions de Y A-B (c’est lui qui avait notamment photographié la dégradation du champs de Claude Ménara par Greenpeace) je savais que l’on atteindrait les sommets de la malhonnêteté journalistique. Je n’ai pas été déçu !!!

    Je n’ai pas relevé toutes les inepties qui ont été dites lors de ce reportage mais j’en ai relevé quelques unes. La première, on nous montre d’entrée des images très dures (c’est vrai) d’un abattoir à poulet et on fustige les dérives de l’agriculture intensive. Une question : dans quel type d’abattoir sont tués les poulets labels ou les poulets bio ? Vous croyez que c’est mamie qui va les saigner dans le cône rouge au fond du jardin ? (ceux qui ont une mamie avec un cône rouge se reconnaîtront) Et ce mode d’abattage est-il plus respectueux du bien-être animal ? Pas sûr car je peux vous dire qu’ils mettent un certain temps avant d’arrêter de se débattre. Enfin, soit.

    Sur les riziculteurs, on nous dit que la culture du riz est une véritable bombe à retardement pour la Camargue car les eaux du Rhône que l’on utilise pour inonder les rizières sont chargées en polluants divers. Pourquoi ces eaux sont-elles polluées ? Par qui ? Pas par les agriculteurs que je sache, il y a une ville appelée Lyon au dessus avec un bassin industriel énorme. Conclusion, les agriculteurs polluent la camargue. OK, donc n’achetons pas de riz français. Ah, mais si finalement, un agriculteur camarguais nous dit d’acheter français.
    Ensuite, un professeur au CHU de Montpellier affirme que les « pesticides » (lesquels ?) et les engrais sont responsables d’un nombre très élevé de cancers et de perturbations hormonales. Hors un rapport datant du 13 novembre 2007 (rapport Cancer des Académies de Médecine et de Sciences, du Centre international de Recherche contre le Cancer et de la fédération nationale des centres de lutte contre le cancer) affirme que seulement 0,5% des cancers sont directement imputables à des causes environnementales. Je ne suis pas en train de dire que je bois du Décis (insecticide) tous les jours au petit déjeuner mais où est la vérité ?
    Sur le Chlordécone, même constat, Y A-B fait du journalisme à la « Paris-Match ». Alors que Belpomme lui-même est revenu sur ses déclarations très alarmistes, Y A-B va nous chercher Veillerette (coordinateur de vie scolaire dans l’Oise).
    Vous avez dit honnête ?

    On nous donne un chiffre : 100 000 produits chimiques ont été créés ! oui (?) mais combien sont utilisés en agriculture ? Pour l’honnêteté du propos, n’est il pas nécessaire de dire que la plupart de ces produits sont utilisés dans l’industrie ou la pharmacie, n’est il pas également nécessaire de dire que les français sont les premiers consommateurs de médicaments (que l’on retrouve en quantités astronomiques dans les eaux), n’est il pas nécessaire de dire que les agriculteurs français ont déjà diminué l’utilisation de produits pour la santé des plantes de plus de 20%, de dire que les mesures agro-environnementales et la conditionnalité des aides ont permis de réduire l’impact de l’agriculture sur l’environnement, de dire que les produits de santé des plantes permettent de produire des denrées saines (par exemple avec moins de mycotoxines) ? N’est il pas aussi nécessaire de dire que le semis direct s’il comporte de nombreux avantages s’accompagne d’une consommation accrue d’herbicides (notamment herbicides non sélectifs), de dire que sans produits de la santé des plantes ce n’est pas 17% que la ménagère consacrerait à l’alimentation mais 30 ou 35% (voir article « 2020, baquette à 3€, ticket de rationnement en viande »), j’arrête là l’énumération des non dits et des mensonges du reportage. Non juste un autre, on nous dit que « à cause de l’excès d’utilisation d’engrais les agriculteurs français sont incapables de produire des blés de qualité (blés de forces ou améliorants) ». Les blés améliorants sont des blés dont le taux de protéine est supérieur aux autres. Quel est l’élément de base des protéines ? l’azote. Quand on produit des blés de force (type Galibier ou Quality) on nous demande d’apporter 20 à 40 unités d’azote en plus (dit apport qualité).

    Sur les OGM, là encore, même rengaine de la méchante multinationale Monsanto, avec des images bien gore sur l’Agent Orange. L’expert « indépendant » Séralini, chercheur anti-OGM déclaré, membre du CRII-GEN où l’on retrouve Greenpeace, les verts, différentes ONG, le groupe Carrefour (N°2 mondial de la grande distribution, ouh ! la vilaine multinationale !), qui nous ressert sa soupe sur le mon863 alors qu’il a été plusieurs fois remis en cause par plusieurs comités d’experts (indépendants eux !). Nul mot des doutes de ces comités d’experts sur les affirmations de Séralini.
    Comment ne pas s’émouvoir de la déforestation en Indonésie, effectivement c’est un problème pour la biodiversité mondiale, une perte de ressource indéniable ? Mais alors pourquoi ne pas dire que l’intensification des cultures et l’augmentation du rendement moyen en France a permis de maintenir des zones forestières importantes (la superficie de forêt est semblable à celle au moyen-âge).
    Ce qui m’attriste le plus dans cette farce, ce n’est pas que Y A-B fasse un reportage aussi caricatural et mensonger,je n’en attendais pas moins, mais que des français qui ne connaissent pas les réalités du terrain puissent se faire une idée aussi négative de l’agriculture.

    Pour de plus amples commentaires, je vous engage à aller voir le site www.alerte-environnement.org



     OGM : Pétitions en ligne

    Juste une petite info, deux pétitions sont en ligne sur le web en ce moment pour dire non à l’interdiction des cultures OGM en France :
    - http://www.pourlalibertedechoixogm.fr à l’initiative de l’AGPM (association générale des producteurs de maïs)
    - http://nonaumoratoire.free.fr à l’initiative de l’AFIS (association française pour l’information scientifique)

    Allez nombreux signer ces pétitions !



     Ministre de l’environnement : les ONG prennent le pouvoir !

    Vendredi 9 novembre avait lieu un « petit-déjeuner entre amis » au ministère de l’environnement. A l’invitation de Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), une délégation était donc réunie pour discuter de la clause de sauvegarde pour imposer un moratoire sur le MON 810. ce petit groupe d’amis était composé de :

    - José Bové, collectif des Faucheurs Volontaires ?
    - Franciska Soler, collectif des Faucheurs Volontaires ?
    - Jacques Pasquier, Confédération paysanne, secrétaire national ?
    - Olivier Keller, Confédération paysanne, responsable de la commission OGM ?
    - Michel Dupont, Confédération paysanne, Animateur Dossier OGM ?
    - Arnaud Apoteker, Greenpeace, intergroupe OGM Grenelle ?
    - Guy Kastler, Amis de la Terre, intergroupe OGM Grenelle ?
    - Anne Furet, Juriste Inf’OGM ?

    Quelle est la légitimité, la représentativité de ce groupe de personnes ? Je rappelle que pour faire valoir la clause de sauvegarde, NKM a besoin de « faits scientifiques probants et nouveaux » permettant de mettre en lumière les supposés effets néfastes du MON 810. Où sont les scientifiques ?

    Le ministère de l’environnement est devenu en quelques mois une république bananière où la représentativité ne veut plus rien dire. La confédération paysanne qui vient de vivre sa plus belle déculottée aux élections syndicales n’a jamais eu autant d’influence, Joseph Bové, 1.32% aux élections présidentielles, est devenu le conseiller particulier de NKM.

    Sans faire de la politique, on vit quand même un truc formidable, un président de droite vient d’être élu, avec un programme de droite, un président qui a même fait peur à un moment de la campagne (bien véhiculé par les médias) car trop à droite (il faut dire que ça change des précédents un de droite avec une politique de gauche et l’autre à gauche avec une politique de droite). Et on se retrouve avec l’extrême gauche, ou plutôt les « pastèques : vert dehors et rouges vifs à l’intérieur, au pouvoir dans les couloirs des ministères. Va comprendre !

    Retrouver ceux qui fustigent le « lobby » des gros agriculteurs (FNSEA) au petit déjeuner de NKM, laissez moi rire (ou pleurer) mais je pense qu’en terme de lobby la FNSEA n’a rien à apprendre aux ONG (Greenpeace en tête).



     ET ILS SONT CONTENTS ?

    Voici le communiqué de presse fait par la FNSEA à l’issue du grenelle :

    Grenelle : quand la bonne volonté des uns…
    rejoint celle des autres

    La dernière ligne droite du « Grenelle de l’environnement » vient de se terminer avec le discours de Nicolas Sarkozy.
    La FNSEA tient à saluer le travail de fond opéré durant 4 mois par l’ensemble des groupes de travail. Les échanges et le dialogue ont permis aux points de vue de se rapprocher et aux désaccords d’être expliqués… et respectés.

    Le « Grenelle » inscrit l’agriculture dans une dynamique environnementale qui montre à tous les efforts accomplis et les progrès à réaliser. Pour autant l’entreprise agricole est respectée et la prise en compte des contraintes d’exploitation également. N’oublions pas que l’agriculture française, évoluant dans l’Europe, doit rester compétitive pour produire et nourrir le monde. C’est sa vocation première.

    Les bonnes volontés ont gagné. L’environnement s’inscrit dans le domaine du possible en repoussant excès et démagogie.
    La FNSEA entend continuer à proposer jusqu’à la mise en œuvre effective du « Grenelle » pour que l’on puisse être fier d’une agriculture performante, créatrice d’emplois, de richesses, respectueuse de l’environnement et que soient respectés les obligations et rythmes de nos travaux quotidiens.

    —-

    Et ils semblent satisfaits ? L’agriculture a été le principal bouc émissaire dans le grenelle, OGM, pesticides, biocarburants (pardon agro-carburants pour ne pas fâcher certains). Un seul absent ou presque : les nitrates (je veux pas être mauvaise langue mais on y reviendra plus tard).

    Sur les OGM, une erreur énorme a été commise, pire, j’entends parler dans les campagnes de « trahison », « ils nous ont laissé tomber ». Il est évident qu’en acceptant un « gel » même momentané, jusqu’à ce qu’une loi soit votée, c’est un moratoire de fait pour 2008 que la FNSEA a accepté. Je m’explique : comment croire que la loi soit votée avant les semis 2008 alors que l’on nous la fait espérer depuis 3 ans ? comment le croire alors que la secrétaire d’état Nathalie Kosciusko-Morizet s’est clairement positionnée contre les OGM depuis le début ?



     Hausse du prix des céréales : quelle répercussion sur les produits alimentaires ?

    Dans un article de son site internet www.agriculture-environnement.fr, Gil Rivière-Wekstein nous éclaire un peu sur les répercussions de la hausse des céréales sur le prix des denrées alimentaires :

    « Avec la hausse du prix des céréales, de nombreux médias se sont fait l’écho de la crainte d’une véritable inflation des prix des denrées alimentaires. Ainsi pouvait-on lire dans La Tribune du 21 juin 2007 que la hausse actuelle des cours risquait de faire augmenter le prix de la baguette à 2 €, contre 0,85 € aujourd’hui.

    Il était donc important de rappeler, comme l’a fait l’Association générale des producteurs de blé dans une note économique datée du 9 juillet, que si « la hausse du prix du blé au producteur début juillet 2007 est de 30 % par rapport au prix moyen du second semestre 2006, l’impact que cela induit sur le prix du pain est une augmentation de 1,2 % », soit 0,01
    €.

    En effet, sachant que les 0,290 kg de céréales nécessaires à la production d’une baguette sont payés aujourd’hui aux producteurs 0,044 €, soit 30 % de plus que les 0,034 € payés en 2006, ce coût supplémentaire représente 0,01 €, soit une augmentation de 1,25 % du prix total de la baguette, estimé à 80 centimes.

      Pour une baguette Pour 1kg de poulet standart prêt à cuire Pour 1kg de longe de porc
    Poids de céréales nécessaires 0,290 kg 2 kg 3,38 kg
    Prix des céréales payé au producteur 0,034 � 0,25 � 0,44 �

    Pour apprécier l’impact d’une hausse du prix des céréales sur celui des viandes de poulet et de porc (animaux dont l’alimentation intègre beaucoup de céréales), il faut savoir que 1 kg de poulet standard nécessite 2 kg de céréales et 1 kg de porc environ 3,40 kg - payés respectivement 0,25 € le kg et 0,44 € le kg. « Toutes choses égales par ailleurs, une hausse de prix de 30 % des céréales utilisées dans l’élevage des poulets (blé + maïs) et dans l’élevage des porcs (blé+orge+maïs) induit une augmentation de 0,075 € /kg, soit + 2,8 %, du prix du poulet standard prêt à cuire et une augmentation de 0,132 € /kg, soit + 2 %, du prix de la longe de porc ».

    Pour sa part, la Coordination rurale rappelle qu’il « ne faut pas perdre de vue qu’un cours prévisionnel de 170 €/ tonne pour 2007 représente le prix auquel était le blé… en 1990 ! ». Et son président, François Lucas, de préciser : « si le prix du blé avait suivi l’évolution du SMIC depuis 1980, le blé devrait en 2007 être vendu à 700 € /tonne ».

    Gil Rivière-Wekstein