15 January , 2008 Pascal Metge réagit sur Agrisalon sur les “doutes sérieux” de la haute autorité !
En exprimant des “doutes sérieux” sur le maïs MON 810, mercredi, la Haute
autorité provisoire sur les OGM “n’a rien apporté de nouveau”, estime
l’agriculteur, qui cultive du maïs OGM sur 36 des 100 hectares de son
exploitation, à Saint-Hilaire, près de Muret, à une vingtaine de km au sud de
Toulouse.
“On nous ressert une soupe pseudo-scientifique dont la validité n’est pas
prouvée. La Haute autorité n’a fait qu’offrir une porte de sortie honorable au
Président de la République et à son gouvernement, qui naviguent à vue dans ce
dossier”, assure-t-il, commentant l’avis de cette institution ouvrant la voie
à l’activation de la clause de sauvegarde. Celle-ci permettrait à la France
d’interdire provisoirement le seul OGM cultivé en France.
“Nous sommes scandalisés par ce qui s’est passé cette semaine. Quand on
voit José Bové reçu par des ministres qui lui font la bise, c’est fort de
café!. C’est le monde à l’envers, la politique-démagogie à fond”, affirme
Pascal Metge.
“Les agriculteurs, qui ont voté dans leur grande majorité pour Nicolas
Sarkozy, sont aujourd’hui déçus, très en colère de la manière dont ils sont
traités par le gouvernement, qui a complètement démissionné sur le sujet”,
ajoute cet ingénieur agricole de 30 ans, auparavant employé dans une société
agro-alimentaire.
“Ceux qui se sont lancés dans des cultures OGM vont réagir. Leur déception,
leur colère se traduiront par des actions, il y aura sans doute des
manifestations avant les élections municipales”, prévient-il, soulignant la
frustration de ces agriculteurs face au “manque de considération avec lequel
ils sont traités”.
“Si le président décide d’interdire provisoirement le maïs transgénique, on
devra refaire du maïs conventionnel, reprendre nos pulvérisateurs, revenir à
des pratiques qu’on croyait révolues. Ce sera un pas en arrière de dix ans”,
regrette-t-il.
“Il y a beaucoup de fantasmes sur les OGM, qui représentent pourtant un
progrès significatif contre les ravageurs du maïs. On n’avait plus besoin
d’insecticides, on pouvait produire plus propre, gagner mieux notre vie. C’est
pourtant une technique éprouvée depuis dix ans, sans problème pour la santé et
l’environnement”, affirme-t-il.
“La plus grande des frustrations, c’est de savoir que la France va être à
la traîne des grands pays producteurs concurrents, tels les USA, l’Argentine
et le Brésil, qui baissent leurs prix de production grâce aux OGM”, poursuit
Pascal Metge, soulignant les conséquences financières personnelles d’un
éventuel moratoire sur le maïs OGM.
“J’ai fait un petit calcul sur la perte de marge, de rendement entraîné par
un moratoire du MON 810. J’ai évalué cette perte à entre 6 et 8.000 euros par
an”, explique-t-il.
Pascal Metge attend également réparation du préjudice, de 15 à 20.000
euros, subi lors d’un fauchage d’une de ses parcelles de cinq hectares de maïs
trangénique, en juillet 2006, par une quarantaine de faucheurs volontaires,
dont le leader altermondialiste José Bové.
Prévu en mars dernier, le procès avait été reporté à une date non précisée
en raison de la participation de l’ancien porte-parole de la Confédération
paysanne à l’élection présidentielle de 2007.
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