January 15th, 2008 Entretien avec Philippe Joudrier - Directeur de Recherche INRA
Philippe Joudrier a fait toute sa carrière à l’Inra, Institut national de la recherche agronomique. Il a été directeur de recherche en biochimie et génie moléculaire. Il est président du groupe d’experts chargé de l’évaluation des OGM à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments.
Philippe Joudrier, vous êtes l’un des quelque 300 scientifiques signataires d’une pétition s’opposant au moratoire sur les OGM.
Il est très étrange que les spécialistes n’aient pas été invités aux discussions sur ce sujet lors du Grenelle de l’environnement. La commission de génie biomoléculaire (CGB) et l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) étaient absentes. Cela montre que nos politiques semblent totalement ignorer qu’ils disposent d’instances d’évaluation des OGM. Jean-Louis Borloo (le ministre de l’Écologie) a été jusqu’à dire qu’il n’y avait pas d’évaluation scientifique en France, alors que la CGB s’en occupe depuis 1986.
Pourquoi vous opposez-vous à un moratoire ?
Le problème est idéologique et politique, mais certainement pas scientifique. Aucune semence n’est mieux contrôlée qu’un OGM mis sur le marché. Il y a de nombreuses autres manières d’obtenir de nouvelles semences, que ce soit par technique classique de croisement ou par mutation induite par des rayons, et on n’est pas à l’abri d’une mutation dangereuse. Un exemple : en 1995, les Suédois ont sorti une pomme de terre qui a été retirée du marché après des cas d’intoxication grave. Sa teneur en alcaloïdes toxiques était exceptionnellement forte. Dans une semence OGM, par contre, on sait exactement quel gène on va modifier, et des tests toxicologiques serrés sont mis en oeuvre.
La crainte des anti-OGM c’est notamment que les gènes mutés se transmettent à d’autres espèces.
La levure de boulangerie a un tiers de gènes communs avec les humains. Et ce n’est pas parce qu’on mange de la salade qu’on devient salade. Quand nous mangeons, nous ingérons des milliards de gènes. Ils sont digérés, ils ne se transfèrent pas tels quels dans notre organisme. Penser que le gène modifié d’un OGM va justement être celui qui va nous « contaminer », c’est une aberration biologique. Quand Greenpeace insiste pour faire labelliser OGM des bêtes qui consomment des OGM, c’est parfaitement ridicule. Jusqu’à présent, on a été incapable de retrouver ces gènes modifiés dans les produits animaux, ni dans la viande ni dans le lait.
Si les OGM ont une mauvaise image, c’est parce que leurs effets intéressent plus l’agriculteur que le consommateur ?
Si une plante est capable de résister à un insecte, celà limite l’épandage de pesticides. Beaucoup d’OGM jouent sur la tolérance à des herbicides, grâce à des gènes qu’on va chercher dans une bactérie. Il n’y a rien d’extraordinaire ou de contre nature. On touche à des phénomènes communs à tous les êtres vivants. On cherche aussi des résistances aux herbicides par des méthodes de croisement classiques, mais elles sont moins ciblées, c’est tout.
Et le risque de contamination des cultures proches d’un champ OGM ?
Le terme de contamination donne l’idée de souillure, de contact impur. On peut, par contre, parler de dissémination. C’est grâce aux recherches sur les OGM qu’on sait la mesurer. Mais un pollen ne peut féconder qu’une espèce biologiquement très proche. Et, là aussi, des énormités sont dites. Un grain de pollen de maïs ne vit que deux heures. Même s’il est emporté en haute altitude et retombe beaucoup plus loin, il sera inactif. Si on prend le cas du maïs, depuis 50 ans, les maïs cultivés ne sont jamais resemés. Même si un pourcentage d’une récolte est fécondée par un pollen OGM, cela ne concernera que la récolte en cours.
A-t-on vraiment besoin des OGM ?
Depuis que l’homme cultive des plantes, il y a près de 10 000 ans, il sélectionne des plantes. Ce n’est que depuis cinquante ans que nous disposons de variétés stables, et la durée de vie moyenne d’une variété est de 3 à 7 ans, parce que, notamment, ses ravageurs évoluent constamment. Il faut s’adapter en continu. Pour moi, la méthode la plus sûre, la plus fiable, est la transgenèse, parce qu’on sait exactement ce qu’on change dans la variété. Par contre, on ne peut pas tout faire avec les OGM. Le rêve d’obtenir des plantes résistantes à la sécheresse est complexe, parce que près de 3 000 gènes jouent sur ce facteur. L’Égypte a commencé à tester du blé tolérant mieux le manque d’eau, mais ils ont obtenu la variété presque par hasard.
Propos recueilli par Philippe Richard

February 6th, 2008 at 5:50 pm
Bravo Mr Metge ;vous avez gagné! Enfin Sarko vous a rendu votre vote, votre honneur, votre fierté to be a farmer of Pionneer seeds!Vous allez pouvoir produire des OGM ! Quel bonheur de faire chier ceux quifont les cons avec leur bio de m…. et qui emmerdent la planète avec leurs produitds tellement chers que nous , pauv’ paysans , on ne peut pas les acheter.Rappelez moi , aujourd’hui, c’est le procès des apprentis sorciers quiont voulu sefaire du fric avec les hormones de croissanvce et qui ont tué plus de 100 personnes !A méditer !
Bon courage
February 10th, 2008 at 1:05 am
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/02/08/un-insecte-parvient-a-resister-au-coton-ogm-cense-l-eradiquer_1009030_3244.html#ens_id=995487
comment allez vous respecter les distances d’isolement si il se passe la même chose que pour le coton?
February 11th, 2008 at 1:57 pm
Monsieur Maruejouls,
J’ai lu avec attention vos remarques. Votre dernière intervention me choque d’autant plus qu’un de vos étudiants est décédé à cause des hormones de croissance et qu’il serait toujours vivant si celles-ci provenaient du génie génétique. J’ose enfin espérer que c’est un “nègre” qui écrit vos réponses car elles me semblent bien éloignées des propos du prof d’agronomie que j’ai connu à PURPAN, tant sur le fond que sur la forme. Enfin, les gens changent…
Cordialement
Cédric POEYDOMENGE
February 20th, 2008 at 10:22 pm
alors pascal!
on passe pas mon chti’ message parceque cédric Poeydomenge est à l’agpm ?
vous ne trouvez pas bizarre que Monsieur Pees ait peur de ne pas pouvoir être compétitif face aux usa et invite le loup dans la bergerie?………
allez sur son blog, il revient d’ukraine et est revenu enchanté apres avoir racheté au passage une usine de productions de semences maïs: la bas les petites fermes ont 3000ha………..combien vos parents vous en ont laissé?100……200……..300…..? vous allez avoir du taff pour être compétitif………